Paralysé par la peur

Tribunal de Grande Instance de Bobigny PROCES VERBAL DE DEPOSITION DE TEMOIN
Cabinet de M. Durant, Juge d'instruction Le 17/07/2010 à 10 heures
  Devant nous M. Durant, juge d'instruction au Tribunal de Grande Instance de Bobigny
  Assisté de Monsieur Dupont, greffier assermenté
N° du parquet : 3456 étant en notre cabinet au palais de Justice ;
N° de l'instruction : D45789  
  Instruisant les faits reprochés à X et X et X
  A comparu, le témoin ci-après nommé, lequel nous a remis l'avertissement qui le convoque.
  Nous lui avons demandé ses nom, prénoms, âge, état, profession, demeure, s'il est parent ou allié des parties et à quel degré, ou s'il est à leur service.
   Le témoin a répondu :
   Je me nomme Thierry François
   Né le 27/07/1973 à Aubervilliers
   Profession :
  Demeurant à 10 rue Emile Raynaud, Aubervilliers
   Je ne suis ni parent, ni allié des parties, ni à leur service.
  Après lui avoir fait prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, nous avons reçu sa déposition.
 

 Nous lui avons tout d'abord demandé où il était lors du meurtre et ce qu'il faisait avant. Il nous a répondu qu'il était chez lui tout seul en train de regarder le journal à la télé mais c'est juste après qu'il entendit du bruit venant de sa fenêtre, ce qui l'encouragea à aller voir. Nous lui avons demandé si hormis lui, il a perçu quelqu'un d'autre que les meurtriers et la victime. Il nous dit que non, la rue était déserte, il n'a vu que les trois personnes et la victime.

Nous lui avons demandé qu'elle était la première scène à laquelle il a assisté quand il a jetté son regard par la fenêtre. Il dt avoir vu exactement trois hommes frappant un autre à coup de poings et de pieds, jusqu'à lui donner la mort. Les trois hommes étaient déguisés, l'un en costume de Batman, un autre en Spiderman, le dernier en Superman. Il eut au début envie de rire de l'apparence mais la suite l'a vite refroidi. Il pense que la victime était déjà blessée à la jambe, ce qui l'a empêché de s'enfuir.

Nous lui avons demandé si c'était la première fois qu'une scène de violence arrive dans son quartier. Il affirme que oui, son quartier est toujours resté dans le silence.

Nous lui avons demandé combien de temps a duré la scène. Il répond que l'homme a été frappé jusqu'à perdre connaissance.  Il était allongé par terre avec du sang sur toute la surface de son visage. Il pense que cela a duré à peu près cinq minutes. Après ça les hommes se sont enfuis, apparemment sans voir le témoin.

Nous lui avons demandé pourquoi il n'avait pas réagi. Il a dit qu'il a pensé sortir pour aider la victime, mais les trois hommes n'avaient vraiment pas l'air de rigoler et étaient aussi grands et forts que les personnages incarnés par leurs costumes.

Nous lui avons demandé pourquoi il n'avait pas appelé plus tôt la police, au lieu d'attendre la fin.

Il a répondu qu'il était paralysé par la peur.