12- Moyens extraordinaires

L'homme moyen mondial est un Han de 28 ans, nous dit-on. Il a à peu près cette tête là et voilà.
L'homme moyen français, nous dit-on, serait plutôt une femme, penchant dangereusement vers les 40 ans. Elle a encore 39,7 années à vivre, et 66 % de la population mondiale est plus jeune qu'elle.
L'homme moyen de cette fiction est un homme de 33 ans. Il est européen, très certainement portugais, à 7% originaire du Maghreb, à 3,5% africaine. Il vit en zone urbaine, travaille dans les services, en tant qu'employé, quand il n'est pas sans emploi. Comme l'homme moyen mondial.
L'homme moyen oscille au dessus de cercles concentriques qui en s'emboitant dessinent une cible inatteignable.
Mais ça se complique, si on agrège à la population de cette fiction la population de ses auteurs. Et pourquoi ne le ferait-on pas? Un personnage n'étant jamais que l'émanation de celui qui les écrit, il se décline en une double hélice de données, les siennes assignées par son auteur, et celles de son auteur lui-même. Dans ce cas l'homme moyen de cette fiction est toujours un homme, mais plus jeune, à peine 27 ans. Ses origines sont un beau patchwork, il est encore ce qu'on appelle inactif, et son avenir ne se résume pas à son espérance de vie, car cet homme moyen, quand on se rapproche de lui, devient tout à coup ce qu'on appelle : extraordinaire.

Images : vue d'ensemble et zoom sur "the face of Seven Billion", National Geographic