Expire, inspire!

Mme Morin rentre dans la pharmacie avenue de Flandre comme à son habitude

- Bonjour Alexandre !
- Bonjour Isa’ comment tu vas aujourd’hui ?
- Bah ça va, ça pourrait aller mieux.
- Ouh là je vois ça à ton visage dis donc, comment sa ça pourrait aller mieux ?
Bah euh, c’est que...  Je... C’est  quelque chose de délicat à dire.
- Oh bah si c’est si délicat je t’invite à déjeuner car des clients attendent  et ce n’est pas le lieu approprié pour discuter.
- Ca me convient parfaitement, je te remercie! On se dit 12h30 au resto du coin. Non non, tu n’as pas a me remercier, tu peux tout me raconter, tu sais... Ok à tout a l’heure.
 
Mme Morin se dirige vers chez elle, elle attend l’ascenseur, l’air anxieuse, il est 11h20. Arrivée devant la porte de chez elle, elle sort son trousseau de clé en tremblant des mains et n’arrive pas à la diriger vers la serrure. Après 1mn de panique et de frissonnements elle y arrive enfin. Elle se précipite vers la salle de bain, ouvre sa boite à médicaments avec tellement de précipitation qu’elle la renverse sur le sol et éparpille tous les comprimés pour chercher son médicament contre le stress et les tremblements. Après quelques minutes de recherche elle le trouve enfin puis l’avale de travers et toussote. Tout d’un coup le téléphone sonne, prise d’un coup de panique elle court vers le salon mais tellement absorbée par la sonnerie elle ne regarde pas par terre et se prend les pieds dans les fils et tombe la tête la première sur la table où est posé l’aquarium, elle se tient la tête à cause du choc, mais l’aquarium tremble, se fissure et toute l’eau lui tombe dessus.
Elle s’écrit : « Non, non mais qu’est ce qui m’arrive aujourd’hui, ce n’est pas possible je ne fait que des conneries, allez reprend toi Isa, reprend ton souffle, souffle, expire, inspire !»
Elle se relève doucement en s’appuyant sur la table, elle regarde l’horloge et s’aperçoit qu’il est déjà 12h05 puis va dans sa chambre pour se préparer car c’est bientôt l’heure. Elle ouvre son armoire et reste plantée là, sans savoir quoi mettre. Elle s’assoit sur son lit, puis se relève et jette ses vêtements l’un après l’autre sur son lit en s’écriant : «  Non ça c’est beaucoup trop voyant, puis ça trop coloré, hum trop vieux, hum trop court, hum trop grand, ah enfin j’ai trouvé ce qu’il me fallait »
En 2,3 mouvements elle est prête et sort enfin de chez elle en laissant son appartement dans un désordre complet. Après être sortie de l’immeuble elle se dirige vers le resto’ du coin et aperçoit déjà Alex qui l’attend. Elle le salue puis s’assoit.
-Tu m’attends depuis longtemps ?
- Non 1 minute ou 2. Ne t’inquiète pas.
- Bien, commandons un petit quelque chose à manger puis je te raconterais en même temps.
- D’accord, demandons la carte, Monsieur !  La carte du jour sil vous plait !
Après avoir choisi leur repas, steak frites, elle se décide enfin à lui raconter :
- Commençons par le commencement, écoute moi bien et ne me coupe pas, s’il te plait.
- D’accord je t’écoute.
- Il y a de cela 3 mois, j’ai pris pour décision d’adopter car je ne suis plus en âge d’avoir des enfants. Il s’avère qu’après maintes recherches j’ai découvert qu’il fallait avoir un bon dossier médical et pas de traitement pour dépression ou désordre mental sévère, ce qui n’est pas le cas. Tu connais mon dossier médical et je voudrais te demander de supprimer ces quelques traces qui font que je ne peux pas adopter d’enfants.
- Ce que tu demandes là est quelque chose d’assez délicat en effet, c’est illégal, je comprends ton envie d’adopter. Moi aussi arrivé à un certain stade je me rends compte que je n’ai rien fait de ma vie et qu’il est temps que j’ai des enfants.
- Donc tu acceptes de me rendre ce service? Je sais que c’est beaucoup demander mais je ne peux demander cela qu’à  toi.
- Je ne te promets rien mais je vais essayer de te fournir une ordonnance qui expliquera que ce sont des faits passés et que dorénavant tu n’as plus de traitements et que tu es en bonne santé.
- C’est vrai, tu feras cela pour moi ?
- Bien sûr je te connais depuis des années et c’est vrai que petit à petit j’ai commencé à  t’apprécier et de plus je sais que tu pourrais arrêter ces traitements si tu le voulais vraiment...
- Je t’apprécie également, je ne te remercierais jamais assez pour le service que tu vas me rendre, tu pense vraiment que je pourrais arrêter ces fichus médicaments ?
- Bien sûr tu en es capable, et ne me remercie pas! Entre amis, on s’entraide, si tu veux me remercier accorde moi un autre déjeuner demain pour parler d’autre chose….